La Prière en Islam — Comment la Vivre Vraiment et Ne Plus la Subir
Avant-propos
La prière est le deuxième pilier de l'islam, l'acte le plus aimé d'Allah, et le premier sur lequel on sera interrogé le Jour du Jugement. Autant dire qu'il reflète une importance capitale pour nous musulmans.
Pourtant pendant longtemps, j'ai moi-même négligé énormément. Je priais mécaniquement, sans vraiment comprendre ce que je disais, sans vraiment ressentir quelque chose. Et petit à petit, j'ai trouvé des choses qui ont vraiment changé ma relation à la prière que j'aimerai te partager à toi mon frère / ma sœur en espérant que ça puisse être bénéfique.
Cet article, c'est ce que j'aurais aimé lire à l'époque. Je ne suis pas un savant, ma prière est loin d'être parfaite. Mais je vais partager ce qui m'a aidé à améliorer ma prière et ma relation avec Allah, appuyé sur le Coran et la Sunna, en espérant que ça te soit bénéfique.
(Je précise avant de publier ce blog que je l'ai fait relire par un étudiant en sciences islamiques pour apporter un propos le plus juste possible et qu'Allah me pardonne si je fais des erreurs.)
Quand on veut vraiment, Allah facilite
La prière a été prescrite d'une manière unique — pas par révélation ordinaire avec Jibril pour intermédiaire, mais directement par Allah lors du Mi'raj, quand le Prophète ﷺ a été élevé directement jusqu'à Allah. Au départ 50 prières par jour, réduites à 5 par miséricorde divine, avec la récompense des 50 maintenue.
« …J'ai décidé Mon ordre et j'ai allégé la charge de Mes serviteurs. »
« J'ai demandé au Prophète ﷺ : "Quelle est l'œuvre la plus aimée auprès d'Allah ?" Il répondit : "[Accomplir] La prière à l'heure." »
C'est l'œuvre la plus aimée auprès d'Allah — l'acte pratique en islam le plus important et méritoire. Mais il ne s'est pas arrêté à dire « prier » seulement, mais la prière à son heure. Pas quand c'est pratique. Pas quand on a le temps. À l'heure. Et c'est très important car beaucoup ne se lèvent pas pour prier Al-Fajr à l'heure ou se laissent distraire par cette vie et regroupent les prières d'une journée entière sans raison valable — et j'ai moi-même fait partie de cela pendant longtemps.
Pendant des années, j'ai eu du mal à faire la Jumu'a — vivant en France et ayant cours le vendredi comme beaucoup de musulmans, je n'allais donc pas à Joumou'a. Mais j'ai commencé à demander sincèrement à Allah de me permettre d'y aller. Et sur 4 ans, au lycée comme en études sup et au travail, d'une façon ou d'une autre ça s'est toujours arrangé. Cours annulés, déplacés, pauses déjeuner qui tombaient pile, décalage d'heure d'été qui me libérait juste ce qu'il fallait ou des patrons qui m'accordaient des jours de pause le vendredi — pendant 4 ans j'ai pu aller à Joumou'a et trouver des solutions sans jamais sacrifier ma scolarité et mon travail, al hamdoulillah. Pareil pour les prières en journée — que ce soit pendant les cours ou par la suite quand je travaillais en tant qu'agent à la mairie, c'était pas évident et même risqué de prier à l'heure. Mais je me suis dit qu'Allah doit passer en priorité et c'est Lui qui donne la subsistance. J'ai alors réfléchi à des solutions, j'ai essayé, je me suis organisé — et ce que je pensais impossible ne l'était pas. Allah m'a permis par Sa grâce de trouver un moyen de prier à l'heure quand je l'ai voulu, al hamdoulillah.
Ce que je veux dire par là, ce n'est pas pour me mettre en avant — loin de là — mais pour dire que c'est possible. Et quand on fait l'effort de se rapprocher d'Allah, Il nous facilite grandement.
Allah Le Très Haut dit dans ce hadith qudsi :
« Celui qui s'approche de Moi d'un empan, Je m'approche de lui d'une coudée. S'il se rapproche de Moi d'une coudée, Je Me rapproche de lui d'une brasse. Et s'il vient à Moi en marchant, J'irai vers lui en accourant. »
Je ne suis pas quelqu'un de particulier. Si ça a marché pour moi, ça peut marcher pour toi aussi. Il se peut que tu sois dans une situation vraiment très compliquée qui t'empêche de prier à l'heure et je ne suis pas là pour juger. Je ne dis pas que c'est facile — au début ça demande de l'organisation, des sacrifices, c'est dur. Mais avec le temps ça devient une facilité. Essaie — et observe ce qu'Allah va faciliter.
Comprendre ce qu'on dit pour vivre vraiment sa prière
Une des choses qui a le plus changé ma prière, c'est le jour où j'ai arrêté de la faire mécaniquement.
« Réussissent les croyants — ceux qui sont humbles dans leur prière. »
Sourate Al-Mu'minun — S23 : V1-2Le khushu' — la concentration, le recueillement — c'est ce qui fait la différence et rend la prière agréable. Et pour ressentir quelque chose dans sa prière, il faut comprendre ce qu'on dit. La Fatiha par exemple, on la récite à chaque rak'a. Mais est-ce qu'on réalise ce qui se passe vraiment ?
« J'ai partagé la prière entre Moi et Mon serviteur en deux moitiés. Quand il dit "Al-hamdu lillahi rabb il-'alamin", Allah dit : Mon serviteur M'a loué. Quand il dit "Ar-rahman ir-rahim", Allah dit : Mon serviteur M'a glorifié. Quand il dit "Iyyaka na'budu wa iyyaka nasta'in", Allah dit : Ceci est entre Moi et Mon serviteur. Quand il dit "Ihdinass-sirat al-mustaqim...", Allah dit : Ceci est pour Mon serviteur, et il aura ce qu'il demande. »
À chaque verset — Allah te répond. La prière n'est pas une liste d'étapes à cocher. C'est une vraie discussion.
Et la prosternation, c'est le sommet de cette discussion :
« Le moment où le serviteur est le plus proche de son Seigneur, c'est lorsqu'il est prosterné ; multipliez alors les invocations ! »
Front contre le sol, position la plus humble qu'un être humain puisse prendre — et c'est là que tu es le plus près d'Allah. Parle-Lui. Demande-Lui tout. Tes soucis, tes projets, ce qui te pèse. Tu as cette opportunité cinq fois par jour — autant en profiter vraiment.
Bien évidemment, il y a des fois où on sera fatigué ou déconcentré — et malgré tout ça on peut se faire distraire. Mais le principal c'est de faire l'effort constant de se reprendre et s'améliorer à chaque prière, et inchallah on peut atteindre la constance.
Prier par amour, pas par obligation
Ce qui a peut-être le plus transformé ma prière, c'est de changer la raison pour laquelle je la fais.
Prier parce que c'est une obligation — c'est un début. Mais prier par amour et par reconnaissance, c'est un autre niveau.
Le Prophète ﷺ, lui, se réfugiait dans la prière dès qu'il traversait quelque chose de difficile. Il disait à Bilal :
« Ô Bilal, fais l'iqama pour la prière ; apporte-nous du réconfort par elle. »
Pour lui ce n'était pas une charge. C'était un refuge.
Et si on prend le temps de réfléchir à tous les bienfaits qu'Allah nous accorde — être musulman, la santé, la nourriture, un toit, des vêtements, la famille — Allah dit Lui-même :
« …Et si vous comptiez les bienfaits d'Allah, vous ne sauriez les dénombrer… »
Allah n'a pas besoin de nos prières. C'est nous qui avons besoin de Lui. On prie parce qu'Il nous l'ordonne, mais également par reconnaissance — Il nous donne tout, absolument tout, sans qu'on le mérite. La prière c'est la façon la plus belle d'être reconnaissant envers Lui — et Allah a promis :
« …Si vous êtes reconnaissants, très certainement J'augmenterai [Mes bienfaits] pour vous… »
Quand tu commences à prier comme ça — par amour, par gratitude, en sachant qu'Allah t'écoute et peut changer ta situation — la prière ne devient plus une contrainte. Elle devient un moment privilégié, le meilleur de ta journée. Dès que tu finis une prière, tu n'as qu'une hâte : que la suivante vienne.
Pour finir
Sur son lit de mort, le Prophète ﷺ répétait encore :
« La prière, la prière… »
Allah ne demande pas la perfection — l'être humain n'est pas parfait et Il le sait. Il demande qu'on fasse les efforts, qu'on donne le maximum, et qu'on revienne à Lui jour après jour, même quand on chute, même quand on faiblit. C'est ça la relation avec Allah : pas un sprint mais un marathon, un chemin de toute une vie.
Qu'Allah nous accorde à tous la constance dans la prière, le khushu', et qu'Il nous compte parmi ceux qui préservent leur salât. Ameen.